01.11.2006

Run, zaza, run!

Eh bien non, pas de croustilleries encore today, mais un post sur ma nouvelle activité, le running! Comme vous le savez, faire bouger mon corps n'est pas trop mon truc, de manière sportive tout du moins... Mais voilà que deux ans après un amaigrissement fort efficace et durable grâce à un tortionnaire dont il faut d'ailleurs que je vous parle un jour, un peu de yoga et surtout d'intenses vibrations musculaires... j'ai décidé d'aller plus loin dans l'effort. J'ai même, comment dire, ça va paraître curieux, mais j'ai même eu envie de l'effort. C'est bien la première fois de ma vie que ça m'arrive! Par conséquent un peu inquiète, j'ai laissé pourrir le truc, mais rien à faire il s'est incrusté, insinuant que j'étais bien bête d'habiter dans un cadre sublime pour si c'était pour ne pas en profiter... Que Mme Solis est bien mignonne quand elle court et que ce shuffle, il serait bien content de servir à quelque chose...  J'ai donc pris ma décision, j'allais devenir une coureuse... comme Mme Solis, enfin pas tout le temps, j'ai pas de jardin de toute manière. Un article dans le Elle une semaine plus tard enfonçant le clou, je me suis dit que j'étais vraiment dans la tendance, et qu'il allait  bien falloir que je m'y mette...

Ca a encore pris quelques semaines... un petit rhume m'a offert de bonnes excuses pour retarder mon nouveau départ dans la vie, et puis ce beau temps durable a eu raison de ma flemme, et ça y est mercredi dernier j'ai couru! Avec quelle fierté je suis sortie de chez moi, petit ensemble à la Mme Solis justement, mes Nike argentées aux pieds, et ouf, ouf, me voilà partie... Pour croiser mon concierge à peine arrivée en bas des escaliers qui m'a regardée avec des yeux tellement ébahis de surprise que j'ai failli remonter. Si même lui n'y croyait pas, où allait-on? Ah ça oui, ou irai-je plutôt...? Alors que j'habite à un passage piéton du bord du lac, j'avais déjà un point en y arrivant, ce qui est plutôt handicapant, puisque c'était là le point de départ officiel de mon marathon personnel. Heureusement, l'idée de la honte qui m'attendait quand mon cher mari me dirait "Alors, jusqu'où?" et que je lui répondrai "oh, bien au moins, jusqu'au marchand de glace..." m'a poussée à continuer. Un bon moment, même, malgré l'impression grandissante que j'avais de faire ça:

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Enfin, ma muraille de Chine perso a été franchie, j'ai couru mes 30 minutes, j'étais en train de me modeler un corps de rêve. Ca c'était stade 1.

Stade 2 (vous remarquerez le subtil jeu de mots...). Jeudi matin, le pied par terre. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIEEEEEEEEEEEEEEEE! Qu'ils sont cons ces muscles, ils veulent qu'on leur fasse du bien et voilà comment ils remercient. Deux jours à avoir l'air d'une vieille à chaque mouvement, mais un bonne grosse fête vendredi soir, lien de cause à effet ou pas, plus de courbatures samedi.

Stade 3. Dimanche matin... reposée mais quand même des toxines à éliminer. Go! Même tenue, ben oui j'en ai pas medium_marathon_glamour.jpgcinquante non plus des tenues de sport qui attendent en dormant dans un placard. Mais cette fois, petit changement, j'avais rempli le shuffle... et alors là, la révélation!!! Courir au bord d'un lac avec tout ce qu'on aime et qui fait courir plus vite dans les oreilles... Départ fff fff (ça c'est ma respiration, c'est pas très bien fait, mais je suis pas très douée en onomatopées) avec mon Bob adoré et sa Punky reggae party, quel pied. La frime et le petite sourire en croisant les autres joggeurs, une vraie pro... Accélération sur "Missing" EBTG, cette chanson m'accompagne dans la vie et je n'aurais jamais pensé qu'elle me servirait à ça, mais alors là, l'extase. Et puis un petit retour sur "Everything in its right place", Radiohead, l'électro parfait dans les oreilles, la voix de Thom Yorke, presque plus envie de s'arrêter. Bon je vous rassure, j'ai couru un peu plus de trois chansons, j'ai même battu les 7 min 41 de Punky.

Stade 4. Lundi, pas de courbatures mais quelle fatigue! Ah c'est à cause que j'avais pas encore éliminé toutes les toxines vous dites?

Stade 5. On est mercredi! J'y retourne ce soir, et en plus je suis contente! Je pourrais peut-être même bientôt me mettre à l'EPO. Chouette!

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26.10.2006

La banquière

C'est bientôt fini… Enfin quand je dis bientôt, c'est relatif, je dois encore tirer jusqu'à fin janvier. Bon l'avantage, c'est que ça me laissera le temps de bloguer, mais le temps est long quand on a va partir. Et puis , l'ambiance déjà pas folichonne de mon bureau s'est encore refroidie de quelques degrés, au propre comme au figuré quand la vieille morue qui me fait face ouvre grand la fenêtre à laquelle je tourne le dos… Allez comprendre pourquoi elle n'ouvre pas la sienne, c'est un mystère… Je pense que c'est pour me faire payer le petit espace de peau qui apparaît quand je m'assieds, la garce!
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Normalement, je devrais réussir à me contenir encore quelques semaines, mais j'ai bien peur de craquer la prochaine fois que je l'entends borborygmer en suisse-allemand dans son téléphone et de l'étrangler avec le fil du combiné (on dit encore combiné ou c'est mamie zaza qui parle?).

Je vais aussi bientôt pouvoir arrêter d'avoir envie de mourir quand j'entends dire d'un client qu'il pèse x millions… chez medium_wall_street.jpgmoi, le poids ça concerne les kilos (j'ai bien l'impression d'ailleurs que c'est même x + 2 ou 3 depuis quelque temps, mais ça n'a rien à faire là-dedans) . Je n'aurai plus besoin de faire croire que je comprends ce qu'on me dit quand on me parle d'argent (à part le prix d'une paire de chaussures, on s'entend…). Je ne sais même pas faire mon budget alors des Return on Assets, des dividendes et autres, peux pas comprendre. Et puis, j'aurai surtout même plus besoin de faire semblant de m'y intéresser. Je vais pouvoir dire que je lis des livres sans avoir l'air d'une extra-terrestre malveillante. Quand même eu droit récemment à … "chais pas, le client, il m'a parlé d'un écrivain inconnu.. Houellebecq, je crois." Comment voulez-vous dans ce cadre…?

Et puis aussi, je n'aurai finalement pas besoin d'apprendre vraiment à me retrouver dans ce dédale de couloirs sans fin, avec des portes tous les dix mètres pour bien bien cloisonner… Et plus besoin de m'habiller en dame qui travaille, d'ailleurs c'est commencé, j'ai mis un jean aujourd'hui, blanc mais quand même, quelle rebelle!

Je n'aurai plus non plus toute la journée dans les oreilles Radio Vieux, avec l'envie de hurler "Mais vous allez m'arrêter ça" à chaque chanson de Mike Brandt, Michel fugain et Jean Ferrat.

Et surtout surtout, je ne me mettrai plus à bafouiller quand on me demandera où je travaille, à rougir quand je dois donner ma carte de visite, ça y est je ne serai plus en contradiction avec moi-même. Professionnellement parlant en tout cas… Champagne! (Quoi je l'ai déjà dit?!)

 

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25.10.2006

Premier Amour

J'ai reçu, il y a quelque temps, un sms qui m'a rappelé que je suis une fille géniale, mais surtout combien une histoire d'amour peut bien se terminer et combien l'amitié qui en découle est différente des autres. Celui-ci me connaît comme aucun autre de mes amis… normal, les autres ne se sont jamais fait hurler dessus par une furie hystérique, genre… "Si tu franchis le pas de cette porte, je t'inderdis de remettre les pieds dans cette maison!". Pour, tout enamourés et réconciliés, croiser les voisins dans l'ascenseur le lendemain!

Cette folle là , ce n'était pas moi, enfin pas moi aujourd'hui (à moins que… celle qui casse des vases peut-être…) Mais on se modèle sur ce qu'on a face à soi, et là, croyez-moi c'était pas de la tarte! Comme l'indique le titre de ce post, c'était bel et bien mon premier vrai amour, ma première grande histoire, celle qui m'a fait vraiment vraiment palpiter. Oui, sauf que moi, je suis pas Vic Beretton, non zaza était une ado pas très sûre d'elle, en avance à l'école, et qui n'aimait que les garçons qui ne voulaient pas d'elle (ça ça a mis très très longtemps à changer d'ailleurs…) . Alors, mon premier vrai amour, je l'ai connu à 20 ans et non pas à 14…

Fascinée tout de suite par cet homme ce jeune homme qui sous un physique de joli cœur, un peu Robbie Williams (qui n'était même pas encore né à l'époque le pauvre), un air un peu mauvais garçon, exerçait le métier le plus romantique du monde (non vous ne saurez pas…) et habitait dans un manoir au fond des bois. Si, si , je vous jure, bon c'était un peu effrayant mais quel charme pour la petite étudiante en Lettres que j'étais à l'époque.

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De restaurant en restaurant (j'ai appris lors de notre premier dîner que l'on pouvait avoir l'appétit coupé par les papillons, quelle découverte, my god!), de fête en fête (là j'ai appris qu'il avait sans doute couché avec toutes les filles qu'il connaissait…), je me suis laissée entraîner dans cette passion de mes vingt ans. Il me faisait tellement rire, j'habitais seule dans un immense magnifique appartement magnifiquement situé, nous y avons passé un premier hiver de passion, je n'avais pas trop de soucis, la vie était tellement belle avec lui!

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Et puis sont arrivées les premières scènes, M. le Séducteur était, bien entendu, le pire jaloux que j'aie jamais rencontré (et il y en a eu quelques-uns depuis) et moi dans ma naïveté qui ne lui offrait aucune occasion de l'être, me faisais torturer sans comprendre… Mais que de mots et de jolis cadeaux ont clos ces scènes. Une petite cuillère ancienne qui m'attendait sur une table, entourée des meillleurs gâteaux de la ville, des faisses demandes de rançon dans la boîte à lettres, et des fleurs, des fleurs... Mais aussi des cris et hurlements en pleine rue, ô combien! Les surprises, un soir ou un week-end, tout était dans la démesure, mais c'était la première fois et tellement intense…

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Puis les soucis se sont fait plus lourds, il m'a ramassée à la petite cuillère, pour mieux me faire souffrir après… souvent… Les disputes de moins en moins exaltantes et de plus en plus tristes et les ruptures à répétition… jusqu'à la dernière… On s'est retrouvés, on s'est réchauffés, puis on s'est séparés… Chacun pour soi est reparti dans le tourbillon de la vie…

Ma meilleure rupture. Pas trop de larmes, le goût de la liberté retrouvée, à 24 ans, j'en avais envie., et j'en ai bien profité. On s'est quittés doucement, ensemble, on ne s'est jamais vraiment perdus. Un nouvel amour chez moi, puis un nouvel amour chez lui, les choses se sont installées, faites, défaites, de chaque côté… Il a brisé méchamment plusieurs cœurs, dont celui de mon amie d'enfance, c'est à elle que j'en ai voulu (pas très fair, je sais…), puis une, deux autres, jamais remises, un enfant. Moi, toujours dans le futile et le passager, de mec en mec, d'histoire ravageuse en histoire ravageuse, mais lui il est devenu peu à peu mon grand frère…  un grand frère avec qui j'avais partagé cette passion… Et puis, j'ai réussi à grandir, enfin, moi aussi une famille, aujourd'hui on promène nos enfants ensemble, on oublie parfois, souvent, tout ce passé, mais en même temps, il est toujours là grâce à cette complicité. Il y a quelques jours, après un déjeuner en vieux copains, après mes remerciements, j'ai donc eu droit à ce message qui disait que j'aurai toujours une place à part dans son cœur! Et j'ai réalisé la place à part qu'a cette relation pour moi aussi, ça vaut la peine d'avoir vécu cris et hurlements pour en arriver à ça, à cette amitié sans ambiguïté mais au fond de laquelle sera toujours présente cette histoire que l'on a vécue il y a bien longtemps… ca me permet de garder un lien avec la jeune fille pure et naïve que j'ai été… et finalement, plus personne d'autre ne m'a vu hurler depuis (enfin presque, et ceux qui pourront dire le contraire ne lisent pas ce blog…)!